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Une déclaration de l'honorable David Anderson, c.p., député Ministre de l’Environnement
Gouvernement du Canada

Clôture du Sommet mondial sur le développement durable

le 4 septembre 2002

Pour résumer les principaux résultats du Sommet, je tiens à mettre l’événement dans son ensemble en contexte. Pourquoi le monde est-il venu ici ? Pourquoi le Canada est-il venu ici ?

Parce que le Sommet de la Terre de Rio en 1992 nous a donné des objectifs, mais pas la marche à suivre pour atteindre ces objectifs.

Rio nous a donné des conventions cadres importantes sur la biodiversité, les changements climatiques et la désertification. Il a formulé le concept du développement durable avec Action 21.

Mais Rio ne pouvait pas nous donner un plan détaillé.

Donc, nous avions besoin de nous concentrer sur la mise en œuvre, sur la manière d’atteindre les objectifs fixés.

Il nous fallait nous concentrer sur l’intégration, sur la manière d’amener chacun, dans nos sociétés et nos économies, dans nos institutions internationales, à travailler ensemble pour atteindre ces objectifs.

Cet accent sur la mise en œuvre et l’intégration a fait de cet événement un Sommet différent de celui de Rio. Nous avons bien sûr abordé les problèmes relatifs au développement durable dans le Plan de mise en oeuvre et la Déclaration du Sommet. Par exemple, nous avons fixé de nouvelles cibles pour l’accès à l’hygiène, la production et l’utilisation de produits chimiques toxiques et la biodiversité.

Nous avons également vu à renforcer les engagements existants. Le Canada s’est porté à la défense des droits de la personne qui constituent un élément essentiel dans l’équation du développement durable.

Je sais que de nombreuses personnes sont arrivées au Sommet en se posant des questions sur l’engagement du Canada vis-à-vis du Protocole de Kyoto et des changements climatiques.

Le Premier ministre a clairement exprimé notre point de vue lorsqu’il a déclaré au Sommet que nous demanderons au Parlement de procéder à un vote de ratification avant la fin de l’année. L’approche que nous retiendrons pour la mise en œuvre de nos engagements de Kyoto sera fondée sur les longues consultations que nous avons menées au cours des cinq dernières années auprès des provinces et des intervenants.

Cependant, ces éléments ne constituent qu’une partie des résultats.
La mise en œuvre et l’intégration ont également été au centre d’événements officiels comme la session du gouvernement local. Elles étaient également au centre d’un grand nombre des innovations et exemples présentés au Village Ubuntu et au dôme de l’eau.

De nombreux Canadiens sont venus ici pour montrer comment nous nous y prenons pour aider à la création du plan dont j’ai parlé, pièce par pièce. Un grand nombre d’entreprises canadiennes qui ont recours à des idées novatrices et investissent dans un avenir plus propre et plus sain étaient sur place. Nos provinces et nos territoires, les chefs autochtones, les municipalités, les organismes communautaires et de nombreuses autres personnes ont également présenté leurs propres contributions.

Ils sont tous venus ici pour apprendre des autres et établir des partenariats, afin que nous puissions ajouter les pièces manquantes à notre plan d’avenir.

Le Gouvernement du Canada est venu au SMDD avec ses objectifs à lui.

Le Premier ministre a déclaré dans son allocution à la séance plénière que notre objectif était de « parvenir à un consensus sur les mesures concrètes que nous devons prendre ensemble pour accomplir notre devoir commun le plus fondamental. Celui de léguer un monde plus propre et plus sain à nos enfants et aux générations qui suivront. »

Ces trois éléments : des « mesures concrètes », un « devoir commun » et un « monde plus propre et plus sain » ont motivé nos efforts ici à Johannesburg.

Le SMDD a été à la hauteur de nos attentes. Le SMDD est un franc succès.

Maintenant, je parlerai de certains des faits saillants du Sommet.

Priorités en matière de développement

Je tiens à commencer par les aspects du développement international à l’ordre du jour du SMDD.

Je veux apporter une attention spéciale à un facteur nouveau et d’une importance cruciale apparu au cours des deux dernières années, le leadership visionnaire des principaux chefs d’État africains, dont notre hôte le Président Mbeki, au centre de cet effort.

Ces chefs d’État se sont engagés à l’une des clés du développement durable, la bonne gouvernance nationale et le respect de la règle de droit.

Le Premier Ministre Chrétien, comme vous le savez, consacre son année à la présidence du G8 à appuyer cet effort et à veiller à ce qu’il devienne un pilier du développement et de l’élimination de la pauvreté.

Si je parle de l’élimination de la pauvreté, c’est que ce fut là un thème fondamental de la conférence. Une bonne gouvernance, des partenariats et des approches formulées par les divers pays dans le cadre des priorités et des perspectives locales sont au cœur de notre travail des dix derniers jours.

Nous nous sommes également concentrés sur les obstacles au développement, en abordant notamment la question des subventions agricoles. Nous avons fait un pas en avant en convenant de la nécessité de passer à l’action lors de la série de pourparlers de l’Organisation mondiale du commerce à Doha.

Faire du développement durable une réalité palpable

L’une de nos principales attentes relativement au SMDD était de faire du développement durable une réalité palpable. Ce qui équivaut à nouer des partenariats, comme je l’ai souligné dès le début de mon allocution.

Il existe encore des gens qui envisage chaque question dans l’optique de ce que le gouvernement devrait faire et de ce que le gouvernement devrait obliger les autres à faire.

Ces personnes veulent que le gouvernement soit au premier plan, qu’il entraîne les autres à sa suite, que cela leur plaise ou non.

En réalité, les gouvernements forment trio dynamique avec le secteur privé et le secteur non gouvernemental. Tous les membres de ce trio possèdent de bonnes idées novatrices, de l’énergie, de la détermination et des ressources financières et humaines qu’ils peuvent consacrer à la réalisation de la tâche en question.

Ainsi, la forte participation des sociétés canadiennes à ce sommet illustre à quel point elles sont devenues parties prenantes de la solution grâce à des innovations, des investissements et des partenariats.

En fait, les nouveaux partenariats établis et les expériences et les innovations diffusées constituent une bonne part de nos réalisations.

Le Premier ministre a annoncé que le Canada élargira l’Initiative sur les villes durables. Les partenaires canadiens renforceront la collaboration avec les partenaires des villes de pays en développement et de l’Europe centrale et de l’Est afin de cerner les priorités locales en matière de durabilité et de prendre des mesures à cet égard.

Mon collègue, la ministre Whelan, a annoncé que le Canada participera à un certain nombre de partenariats, en particulier en Afrique, ayant pour objectif le développement durable et la réduction de la pauvreté. Elle a annoncé que nous contribuerions à des initiatives de développement durable dans le bassin du Nil ayant trait, par exemple, à des projets agricoles.

J’étais l’un de ceux qui ont rendu public le partenariat avec les États-Unis, d’autres pays développés, un certain nombre de pays développés et d’autres partenaires aux fins de l’amélioration de la qualité de l’air dans les pays en développement.

Et si vous avez visité le village Ubuntu ou le dôme de l’eau, vous avez eu la chance de prendre connaissance d’une incroyable gamme de projets.

Ainsi, il y avait là un manège de terrain de jeux, du genre que les enfants doivent pousser pour le mettre en mouvement et sur lequel ils sautent ensuite lorsqu’il tourne, qui fait également office de pompe à eau. Tout en jouant, ils peuvent pomper une quantité d’eau pouvant équivaloir à celle qu’une femme obtiendrait en travaillant la moitié de la journée.

Les municipalités canadiennes présentes ont montré de quelle manière elles adoptent le virage de l’énergie propre. Des approches novatrices en ce qui a trait aux ressources naturelles nous ont été communiquées.

Intégration de la santé et de l’environnement

Je désire souligner que bon nombre des résultats pratiques du SMDD découlent de l’intégration de mesures environnementales et de mesures visant l’amélioration de la santé des humains.

Mais la réalisation de ces engagements n’est possible que si nous disposons de la science et des outils nécessaires.

Nous avons donc assisté à la formation d’une gamme de partenariats qui favoriseront la mise en place des outils qui permettront de concrétiser ces engagements. Nous avons convenu d’outils adaptés aux priorités en matière de santé et d’environnement des pays et des collectivités.

Ainsi, le Canada consacrera 3 millions de dollars à l’établissement d’un nouveau partenariat dont l’objectif est de mieux connaître et de mieux comprendre les liens entre la salubrité de l’environnement et la santé des humains. Il en résultera de meilleures politiques et des mesures plus efficaces.
Le Canada accordera en outre au Système mondial de surveillance continue de l’environnement (GEMS/EAU) du PNUE, établi à Burlington, en Ontario, la somme additionnelle de 1,5 million de dollars répartie sur trois ans, ce qui permettra d’améliorer la surveillance et l’évaluation de la qualité dans bien des pays.

Ces résultats et d’autres encore se fondent sur les travaux guidés entre autres par le Canada bien avant la tenue du Sommet, comme la rencontre des ministres de la santé et de l’environnement des Amériques à Ottawa, en mars, et celle des ministres de l’environnement du G8 à Banff, en avril.

Consolider le pilier environnemental du développement durable

La troisième série de résultats que je voudrais mentionner a trait au travail que nous effectuons en vue de consolider le pilier environnemental du développement durable.

Nous avons été témoins d’une recrudescence de l’intérêt accordé à la nécessité de tenir compte de l’environnement lorsqu’il est question de développement.

Les chefs d’État africains ont tenu à le souligner de façon spécifique dans leur Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, l’an dernier, parce qu’ils sont conscients du prix que doivent payer leurs peuples à cause de la dégradation de l’environnement.

Nous avons abordé un enjeu de longue date au moment où le Canada a joué un rôle majeur dans l’élaboration d’une entente sur la diversité biologique. Le premier volet consistait à essayer d’établir un système international sur la façon de garantir un partage approprié des avantages de la diversité génétique des plantes de la planète et de garantir l’accès à cette diversité.

Le deuxième volet consistait à fixer à 2010 l’obtention d’une réduction significative du taux actuel de perte de la biodiversité. Nous sommes très satisfaits des résultats obtenus.

Cette décision s’inscrit dans l’annonce faite par le Premier ministre lors de son discours au SMDD selon laquelle nous nous engageons à créer de nouveaux parcs nationaux et de nouveaux secteurs de conservation du milieu marin, au moment de compléter notre système de parcs national et de respecter nos engagements à l’égard des zones protégées.

Nous avons également conclu une entente sur une façon plus efficace de servir de porte-parole de l’environnement au sein du système des Nations Unies – dont un Programme plus efficient des Nations Unies pour l’environnement.

Pour notre part, le Canada a plus que doublé sa contribution annuelle au PNUE afin de l’aider à jouer le rôle dont notre environnement a besoin.

Les droits de la personne

Le gouvernement du Canada et les Canadiens et Canadiennes ont fait bien plus encore ici. Mais je voudrais conclure avec un dernier point – le respect des droits de la personne et des libertés fondamentales.

Le Canada a dû affronter une très forte opposition de même qu’une stratégie procédurale sur cet enjeu jusqu’aux toutes premières lueurs de l‘aube de la dernière matinée du Sommet. Mais nous y sommes parvenus.

Les droits de la personne sont l’une des pierres angulaires de la Charte des Nations Unies. Comme le Premier ministre l’a souligné en séance plénière, les droits de la personne constituent un pilier fondamental du développement durable. Ceci doit s’appliquer de façon uniforme. Dans le cas de l’accès aux services de santé, l’effort pour parvenir au bon libellé a été particulièrement intense.

Nous étions déterminés à ce que ce Sommet ne devienne pas celui par lequel le recul des droits de la personne a commencé.

Je suis fier du rôle que le Canada a joué afin de s’assurer que toutes les nations du monde puissent finalement se mobiliser autour d’un consensus visant à protéger les droits de la personne et les libertés fondamentales. Ce consensus est le fondement de tous nos efforts en vue de mettre en œuvre et d’intégrer le développement durable au moyen d‘actions concrètes.

C’est sur cette note juste qu’on a clos nos négociations et finalisé le travail d’un Sommet très réussi.


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